mardi 10 mai 2011

Diabète Un pancréas bio-artificiel créé à Strasbourg

Une nouvelle étape vers la création d’un nouveau mode de traitement du diabète de type 1 vient d’avoir lieu à Strasbourg avec la création de Défymed, une société destinée à développer et commercialiser un pancréas bio-artificiel, actuellement en cours de mise au point au sein du CeeD.
Officiellement Défymed est née le 4 mars dernier. Présidée par le Dr Séverine Sigrist, cette jeune pousse rassemble trois partenaires : Le CeeD (Centre européen d’études du diabète), qui porte le projet de pancréas bio-artificiel depuis une quinzaine d’années, le Centre de transfert de technologies (CTT) du Mans et la société Statice Santé de Besançon, qui sera chargée de la fabrication.
La création de Défymed marque une étape, le passage de la recherche fondamentale à l’application clinique avec, pour horizon, une mise sur le marché à la fin de l’actuelle décennie. La création de la société, au sein de Semia, l’incubateur d’entreprises de la région, permet ce passage, mais aussi d’assurer le financement du développement du produit par l’accueil d’investisseurs et la possibilité de lever des fonds. Défymed estime ses besoins à environ 3 millions d’euros pour les trois à quatre années à venir.

Multiplication des cas

Si le projet de pancréas bio-artificiel Mailpan — pour macro-encapsulation d’îlots pancréatiques — débouche positivement, ce serait une révolution pour les 20 millions (dont 250 000 en France) malades du diabète de type 1, celui de l’enfance, qui nécessite un traitement par l’insuline. « Les cas de diabète vont être multipliés par trois dans les années à venir chez les enfants de moins de 5 ans » prédit le Pr Michel Pinget, père du CeeD.
Or l’insulinothérapie, traitement à vie, est très contraignante. Les alternatives, greffes de pancréas ou d’îlots pancréatiques, n’offrent que des perspectives limitées en nombre de patients pouvant en bénéficier. De plus, la greffe pose de redoutables problèmes de risque de rejet, obligeant les médecins à recourir à des traitements lourds et parfois toxiques.

Des animaux à l’homme

D’où l’idée, creusée par le CeeD depuis les années 90, d’encapsuler les greffons pour éviter les réactions de rejet. Plus facile à dire qu’à réaliser, puisque l’enveloppe doit à la fois empêcher la réaction de rejet tout en restant perméable au glucose et à l’insuline. C’est aujourd’hui chose faite grâce aux équipes du CTT du Mans. Les essais sur les petits animaux, en l’occurrence des rats, puis les gros, comme le porc, ont été concluants. Les essais sur l’homme font désormais l’objet de demandes d’autorisation et pourraient débuter d’ici trois ou quatre ans.
Si le succès est à l’arrivée, des perspectives importantes existent dans d’autres domaines (cœur, foie, rein…) auxquels cette technique pourrait être adaptée, estime Michel Pinget.
http://www.lalsace.fr/actualite/2011/05/08/un-pancreas-bio-artificiel-cree-a-strasbourg

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