mercredi 2 novembre 2011

Les scientifiques avancent à pas de géant dans la quête d’immortalité

Une équipe scientifique Montpelliéraine de l'Institut de génomique fonctionnelle (IGF) a trouvé comment rajeunir des cellules d'un centenaire. Remise du compteur à zéro. Une merveilleuse annonce pour cette fête de la Toussaint.
A Montpellier, une équipe de l’Institut de génomique fonctionnelle est parvenue "à franchir la barrière de l’âge en rajeunissant des cellules humaines centenaires". Sa découverte est à ce point importante qu’elle a été publiée hier soir dans le dernier numéro de la revue américaine Genes & Development.

Transgénèse
La technique utilisée relève de la transgénèse, autrement dit de la manipulation génétique. En 2007, une équipe japonaise avait montré que l’on pouvait reprogrammer une cellule adulte en cellule souche embryonnaire, donc jeune. Pour aboutir à ce résultat, cette équipe japonaise avaient introduit quatre gènes dans le génome de la cellule traitée.
L’équipe emmenée par Jean-Marc Lemaitre est allée plus loin, en ajoutant deux gènes de plus, humains eux aussi, aux quatre implantés par l’équipe japonaise. Et ces deux gènes supplémentaires ont eu pour effet de remettre à zéro l’horloge du temps d’une cellule sénescente, donc incapable de se dupliquer. Bref, avec une vieille cellule, d’en faire une cellule souche embryonnaire.
Pour autant, l’équipe montpelliéraine n’a pas aussitôt crié victoire. Elle a, avant toute chose, cherché à vérifier que ces cellules humaines rajeunies allaient bel et bien se comporter comme les cellules souches embryonnaires non modifiées, les vraies.
"L’usure du temps a été effacée"Jean-Marc Lemaitre
Le défi a été relevé. Aucune d’elles n’a présenté le moindre dysfonctionnement : elles ont toutes évolué de manière identique à des cellules jeunes aux premiers jours de la vie, avec une capacité de prolifération accrue. "L’usure du temps a été effacée", résume Jean-Marc Lemaitre.
Le vieillissement se caractérise en effet par une augmentation des cellules sénescentes, à quoi s’ajoute la réduction du nombre de cellules souches dans le corps. Cela limite, au fil des années, la capacité que l’organisme a à régéréner à l’identique ses tissus et organes (lire ci-dessous). "J’avais l’intuition que le mécanisme du vieillissement cellulaire n’était pas irréversible. Nous en avons fait la démonstration", observe le chercheur. La découverte montpelliéraine constitue une avancée scientifique capitale.
Pistes nouvelles dans le traitement des maladies
Car, au-delà des grands débats moraux et philosophiques qu’elle va susciter, elle ouvre des perspectives totalement nouvelles dans le traitement de maladies. "Cela ouvre un monde nouveau, tant en matière de médecine régénérative que de thérapie cellulaire. On peut aussi imaginer de pouvoir gommer les maladies liées à la vieillesse", ajoute Jean-Marc Lemaitre. Cette découverte permettra aussi à son équipe d’aller plus loin dans la compréhension des mécanismes du vieillissement.
Le mécanisme du vieillissement des cellules

Les cellules vieillissent en subissant tout simplement des agressions externes et des stress infligés à l’organisme. Au fil du temps, elles gèrent de plus en plus mal leur prolifération, le processus grâce auquel elles se renouvellent.
L’usure augmentant, elles deviennent de moins en moins tolérantes au stress. Le génome que chacune renferme
peut en souffrir. Au bout du processus, des cellules peuvent même perdre leur capacité à proliférer. C’est la sénescence. L’organisme vieillit.

Voilà pourquoi les scientifiques se concentrent sur les cellules souches embryonnaires. Ces cellules jeunes ont une capacité infinie à proliférer. Mais la formation de l’organisme se faisant, ces cellules souches finissent par se différencier, en se transformant au final en l’un des 220 types de cellules du corps humain : cellules osseuse, cérébrale... qui enclenche, elles, le vieillissement.
L’équipe montpelliéraine a ainsi réussi à reprogrammer ces vieilles cellules en cellules souches embryonnaires, toutes neuves. Miracle de la science.
http://www.midilibre.fr/2011/10/31/un-pas-de-geant-dans-la-quete-d-immortalite,410611.php

mardi 1 novembre 2011

Cancer du sein : trop de traitements inutiles ?

Progrès du dépistage systématique, avancées de la médecine… La prévention et le traitement des cancers du sein se sont beaucoup améliorés ces dernières années. Toutefois, ces évolutions peuvent induire des effets contre-productifs. Ces derniers devraient être au cœur des 33e Journées de la Société française de Sénologie et de Pathologie mammaire, qui se dérouleront du 9 au 11 novembre prochain à Marseille. Les spécialistes attendus dans la cité phocéenne prévoient en effet, de se pencher particulièrement sur la question des sur-traitements observés dans ces cancers…
Qu'entend-on par « sur-traitement » ? « Il s'agit d'un traitement excessif, contre une tumeur qui aurait pu être traitée de façon moins agressive », explique le Pr Pascal Bonnier, cancérologue à l'Hôpital Beauregard de Marseille. Concrètement, « dans certains cas, des patientes atteintes d'une tumeur au sein avec un bon pronostic, sans ganglions malades, se voient proposer des traitements lourds comme une chimiothérapie ou une hormonothérapie. Et parmi ces malades, seules les 10% à 20% qui risqueraient de développer des métastases vont bénéficier de ce traitement agressif. Dans le même temps malheureusement, le reste des malades (80% à 90%) va souffrir inutilement des effets secondaires de ces traitements », poursuit Pascal Bonnier.
Mais alors comment améliorer ces décisions thérapeutiques ? « C'est bien là le problème », souligne le Pr Bonnier. « En tant que médecin, nous avons à cœur de bien faire. Mais on ne peut prédire le potentiel évolutif de certaines petites tumeurs ». Même les cancers hormono-dépendants ne fournissent pas tous les outils dont nous aurions besoin) pour mettre en place une thérapie ciblée. « Certaines tumeurs expriment les récepteurs hormonaux de type HER2 à 100%, d'autres à… 1%. Vous voyez bien que la recherche doit encore avancer en la matière, en définissant de meilleurs facteurs prédictifs pour permettre d'affiner les référentiels de mise en place des traitements », (...) Lire la suite sur destinationsante.com

lundi 31 octobre 2011

L'élimination du paludisme semble possible

Le paludisme atteint 40 % de la population mondiale et entrave le développement économique et social des populations les plus pauvres. Il est, aujourd'hui encore, responsable de 781 000 décès par an. Un chiffre inacceptable pour une maladie que l'on sait parfaitement prévenir et soigner. Et pourtant, le rapport du Partenariat Roll Back Malaria, présenté lors du Forum organisé cette semaine à Seattle par la fondation Bill & Melinda Gates, incite à l'espoir. Car ce document révèle qu'un nombre croissant de pays vise l'élimination du paludisme et que trois États ont déjà été certifiés exempts de cette maladie par l'Organisation mondiale de la santé, au cours des quatre dernières années.
Le rapport "Éliminer le paludisme - Leçons du passé et perspectives d'avenir", a été rédigé par le Programme mondial de lutte contre cette maladie de l'OMS, à partir de données collectées dans toutes les régions du monde. Il souligne que sept pays ont interrompu la transmission locale de la malaria et se battent pour empêcher sa réintroduction, tandis que dix autres réduisent actuellement sa transmission, afin d'atteindre l'objectif de zéro cas. Le rapport décrit plus précisément la situation de neuf États - sur les 108 pays et territoires dans lesquels le paludisme est endémique - qui se préparent à entrer dans la phase d'élimination de la malaria.
Cibles ambitieuses
Ces résultats réjouissent le Dr Robert Newman, directeur du Programme mondial de lutte contre le paludisme de l'OMS : "Une amélioration des tests de diagnostic et de la surveillance a permis de préciser la situation sur le terrain et a démontré qu'il existait des pays qui cherchent à éliminer le paludisme dans toutes les régions du monde où il est endémique", a-t-il déclaré. "L'OMS suit régulièrement ces progrès et s'assure que ces pays sont soutenus dans leurs efforts à devenir exempts de paludisme."
Il faut rappeler que le développement d'un certain nombre d'interventions contre le paludisme a permis de sauver environ 1,1 million de vies rien qu'en Afrique, au cours des dix dernières années, et de réduire de 38 % le nombre de décès dus à cette maladie. Cette dynamique, ainsi que les résultats qu'elle a engendrés, ont encouragé de nombreux pays à essayer de franchir les étapes menant à l'élimination du paludisme. Et cela laisse entrevoir la possibilité que dix nouveaux pays puissent rejoindre le groupe des nations exemptes de paludisme à brève échéance.
Un premier succès pour le Partenariat Roll Back Malaria. Il avait, en effet, défini des cibles ambitieuses, dont l'élimination du paludisme d'ici fin 2015 dans huit à dix nouveaux pays, incluant tous ceux de la région européenne définie par l'OMS. "En poursuivant la campagne pour un accès universel aux outils de lutte contre le paludisme, dont les moustiquaires imprégnées d'insecticide, la pulvérisation dans les domiciles à effet rémanent, les tests de diagnostic et les traitements efficaces contre la maladie, les pays pourront réduire la transmission du paludisme de manière spectaculaire", selon le Pr Coll-Seck, Directrice exécutive de Roll Back Malaria. Les prochaines années devraient donc confirmer les progrès en cours dans la lutte contre cette maladie.
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/l-elimination-du-paludisme-semble-possible-18-10-2011-1385814_57.php

dimanche 30 octobre 2011

Les téléphones portables britanniques contaminés par E.coli

Ah, ces cochons d'Anglais ! Outre-Manche, un téléphone portable sur six serait contaminé par de la matière fécale sous la forme d'Escherichia coli. C'est énorme. Il n'y a qu'une explication possible : les Britanniques restent encore trop peu nombreux à se laver les mains en sortant des "water-closets". Et si, effectivement, ils se les nettoient, c'est qu'ils sont loin de le faire correctement. Cet inventaire fécal, réalisé par les chercheurs de la London School for Hygiene & Tropical Medecine et de l'université de Londres révèle aussi autre chose : hormis le fait qu'ils aient les mains sales, nos charmants amis anglais sont également des menteurs. En effet, dans les sondages, 95 % d'entre eux affirment se laver les mains avec du savon quand c'est possible.
L'étude a par ailleurs mesuré la contamination bactériologique, tous germes confondus, des téléphones et des mains. Le résultat est sans appel : des bactéries ont été relevées sur 92 % des portables et sur 82 % des mains. Shocking ! Ces données ont été rendues publiques le samedi 15 octobre, date du Global Handwashing Day (Jour du lavage de mains) célébré par quelque 25 pays à travers le monde, comme la Grande-Bretagne donc, mais aussi l'Allemagne, la Chine, les Philippines et de nombreux pays du tiers-monde.
Redoutables ennemies
Les E. coli, bactéries d'origine fécale, peuvent s'avérer de redoutables ennemies, déclencher des troubles digestifs pouvant parfois entraîner la mort, comme cela a été le cas avec la souche découverte en Allemagne en juin dernier. Elles peuvent survivre plusieurs heures sur les mains, surtout quand il fait chaud et quand elles ne sont pas directement exposées au soleil. Le pire, c'est qu'elles sont très nomades : elles se font une joie de jouer à saute-mouton, de main à poignée de porte, de téléphone portable à oreille ou encore de doigt à la nourriture... d'où l'intérêt de se laver systématiquement les mains avec du savon en sortant des petits coins.
Dans le monde, environ 3,5 millions d'enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de pneumonies ou de diarrhées provoquées par Escherichia coli, alors que le simple fait de se laver les mains avec du savon est l'un des moyens les plus efficaces pour lutter contre ces maladies.
La France ne célèbre pas le Global Handwashing Day, mais parions que les Français ne présentent pas des mains plus propres que celles des Britanniques. Si pareil sondage avait lieu chez nous, les téléphones portables et les mains présenteraient très certainement des taux de contamination similaires. D'autant que, si l'on en croit leur réputation à l'étranger, les Français sont loin d'être des modèles de propreté.
http://www.lepoint.fr/sante/les-telephones-portables-britanniques-contamines-par-e-coli-17-10-2011-1385604_40.php

samedi 29 octobre 2011

Les vertus des vitamines et des oxydants remises en cause

Les risques posés par les oxydants et les vertus des vitamines pour les neutraliser et préserver la santé sont remis en question par nombre d'études, dont plusieurs révèlent le danger d'une surconsommation de certains de ces micronutriments populaires.
"Tout le monde est un peu perdu, car logiquement les vitamines, des anti-oxydants, devraient agir contre les maladies, mais toutes les données cliniques ne montrent aucune différence", explique le Dr Toren Finkel, directeur du Centre de médecine moléculaire aux Instituts nationaux de la santé (NIH). "Cela signifie qu'il faut revoir nos hypothèses sur les mécanismes de ces maladies et du rôle des oxydants", poursuit-il dans un entretien avec l'AFP.
"Retourner dans le laboratoire"
"On est toujours parti de l'idée que les oxydants étaient mauvais pour l'organisme, et depuis ces dix dernières années, on commence à se rendre compte que ce n'était pas forcément vrai", précise le chercheur. Ainsi, des recherches ont montré que les cellules utilisent les oxydants pour signaler une inflammation et que ces derniers n'endommagent pas toujours l'organisme, jouant un rôle utile, souligne-t-il.
"Il faut donc retourner dans le laboratoire pour effectuer des recherches avec des cellules ou des animaux afin de mieux comprendre le rôle des oxydants et des vitamines", estime le Dr Finkel. "Durant de nombreuses années, nous avons utilisé ces vitamines sans connaître leurs effets", concède-t-il. "Nous disposons de nombreuses données montrant qu'une carence de certaines vitamines est néfaste, mais cela ne veut pas dire qu'en absorber beaucoup est mieux", selon lui.
Ainsi, une étude publiée le 11 octobre aux États-Unis indique une augmentation de 17 % du risque de cancer de la prostate chez des hommes prenant de la vitamine E à haute dose. Une autre recherche américaine menée avec des femmes, parue le 10 octobre, révèle que des multivitamines étaient inutiles et accroissaient légèrement leur risque de mortalité. Déjà en 2007, des chercheurs avaient établi un lien entre un danger accru de diabète adulte et des suppléments de sélénium.
Un régime sain suffit
Le problème, "c'est que le public pense que plus est mieux et sans danger", relève David Schardt, nutritionniste au "Center for Science in the Public Interest", un organisme à but non lucratif. "Mais maintenant, nous découvrons que certaines vitamines prises en grande quantité peuvent avoir des effets néfastes inattendus que nous ne comprenons pas", dit-il à l'AFP. "Il y a aussi un grand nombre de personnes qui ont la foi, presque comme une religion, en leurs vitamines", une attitude encouragée par une industrie qui pèse 20 milliards de dollars par an aux États-Unis, où la moitié de la population consomme ces compléments alimentaires, explique ce nutritionniste. En outre, les fabricants de vitamines peuvent quasiment attribuer toutes les vertus à leurs produits aux États-Unis à l'exception de prétendre qu'ils traitent des maladies.
Patsy Brannon, professeur de nutrition à l'université Cornell (New York, nord-est), note que ce sont plus souvent les personnes se nourrissant bien et choisissant des aliments vitaminés qui prennent des compléments de vitamines. Ainsi, ils peuvent très vite atteindre des doses élevées et potentiellement risquées. Ces compléments sont néanmoins nécessaires pour certains, comme les femmes enceintes et les personnes âgées souffrant de carences chroniques.
Mais, pour la population générale, un régime alimentaire sain, composé de légumes et fruits riches en fibres ainsi que de protéines animales, fournit les vitamines et autres micronutriments nécessaires, indique-t-elle à l'AFP. Une recherche parue fin août dans le Journal of Nutrition montre qu'un grand nombre d'Américains se nourrissent mal et ne prennent pas de compléments vitaminés. Ainsi, 25 % ont une carence en vitamine C, 34 % en vitamine A et 60 % en vitamine E, qui se trouvent surtout dans les fruits et légumes.
http://www.lepoint.fr/sante/les-vertus-des-vitamines-et-des-oxydants-remises-en-cause-17-10-2011-1385409_40.php

vendredi 28 octobre 2011

Pipi au lit: «C’est pas ma faute!»

Ils ont 7 ans, 10 ans, voire 15 ans et ils font toujours pipi au lit. Une fois, deux fois par mois, voire toutes les nuits pour certains. Ils le vivent dans la honte, se privent du plaisir d’aller dormir chez un ami, ou de partir en classe verte, terrifiés à l’idée que l’on pourrait découvrir « leur douloureux secret ».
Traités parfois de « fainéants » ou de « gros dormeurs », ils se sentent souvent coupables. En réalité, « ils n’y sont pour rien », martèle le Dr Catherine Bloch, néphro-pédiatre au CHU-Lenval. C’est en effet dans les gènes que leurs troubles mictionnels puiseraient au moins en partie leur origine.
« On retrouve très souvent une hérédité. Ainsi, lorsque l’un des deux parents a souffert d’énurésie nocturne isolée intermittente (le nom scientifique du pipi au lit), l’enfant a 44 % de risques d’en être aussi atteint, et 77 % si ce sont les deux parents qui ont été concernés », détaille le médecin.
Confrontés à l’énurésie de leur enfant, les parents prennent souvent des mesures très coercitives. « Interdiction de boire avant le coucher, voire dès 17 h, réveils en pleine nuit pour les conduire aux toilettes, sanctions… Tout ça ne sert à rien! L’enfant se sent culpabilisé, humilié. Et il va avoir tendance à se retenir pendant la journée. En forçant ainsi son sphincter, il s’expose à des problèmes de rétention d’urine et de constipation. Avec à la clé, le risque de faire pipi, voire émettre des selles, sur lui pendant la journée! »
Le maître mot : patience!
Alors, que faire? Lorsque le pipi au lit la nuit se complique de troubles pendant la journée ou qu’il se poursuit au-delà de 6 ans, un bilan urodynamique est nécessaire. Il permet d’affiner les conseils et éventuellement de mettre en place une rééducation.

Pour les cas les plus simples, des traitements médicamenteux existent, à base de desmopressine, une molécule analogue de synthèse à l’hormone antidiurétique. Très efficaces à court terme, ces produits, largement prescrits, permettent à l’enfant de ne pas renoncer à une vie sociale. Mais attention à ne pas en abuser. « Il s’agit de traitements symptomatiques, insiste la pédiatre. Ils ne traitent pas le fond du problème.
Or, comme ça marche, on a tendance à renouveler les prescriptions, sans respecter les recommandations qui sont de traiter sur des périodes courtes, inférieures à 2 mois. » Plus efficace selon le médecin, à condition que l’enfant soit motivé, le détecteur dans la couche qui sonne dès que l’urine coule.
Et bien sûr, le respect de certaines règles hygiéno-diététiques, la première d’entre elle étant d’éviter de boire des litres. « Mais le principal conseil que je donne aux parents est de s’armer de patience et surtout de ne pas culpabiliser l’enfant. »
Une trop forte pression psychologique peut transformer un banal pipi au lit la nuit en handicap permanent.http://www.nicematin.com/article/web/pipi-au-lit-%C2%ABc%E2%80%99est-pas-ma-faute%C2%BB

jeudi 27 octobre 2011

À quand des organes cultivés et "prêts à greffer" ?

En 2010, selon l'Agence nationale de la biomédecine, 273 personnes inscrites sur liste d'attente d'un organe sont décédées faute d'avoir reçu une greffe. Chaque année, en France, les médecins dénombrent environ 10 000 nouveaux cas d'insuffisance cardiaque grave, réfractaire aux traitements, alors que moins de 400 transplantations cardiaques sont réalisées. Et, malheureusement, les dons d'organes seront toujours inférieurs aux besoins. C'est pourquoi les Académies de médecine et de chirurgie ont organisé une séance commune intitulée "Les organes auto-construits remplaceront-ils la transplantation ?", peu avant la 7e Journée mondiale du don d'organes, qui aura lieu dimanche.
Concernant le coeur, le Pr Philippe Menasché, qui dirige une unité Inserm, "Thérapie cellulaire en pathologie cardio-vasculaire", à l'hôpital européen Georges-Pompidou de Paris, estime que son remplacement complet par un autre coeur constitué d'une matrice, d'origine humaine ou animale, et ensemencée par des cellules capables de s'organiser, pour avoir une activité de pompe efficace, "est une perspective encore incertaine et en tout cas certainement lointaine". Mais ce spécialiste reste optimiste, car le développement de cette technologie, même si elle ne parvient pas à atteindre l'objectif final, a déjà des retombées. Elle devrait permettre de refaire des valves ou des portions de muscle cardiaque.
Pour le poumon, l'équipe du pôle Hémato-Onco-Thorax, chirurgie thoracique et vasculaire de l'hôpital Avicenne à Bobigny, se montre aussi très prudente. Elle rappelle que la transplantation reste le seul traitement de l'insuffisance respiratoire chronique terminale, tout en soulignant les problèmes de rejet et les complications liées aux immunosuppresseurs. Et, avant d'obtenir un poumon régénéré à partir de cellules du patient, il va falloir trouver une matrice élastique capable d'induire une régénération des différents éléments composant le poumon et permettant donc la respiration, la circulation sanguine et les échanges gazeux (oxygène et gaz carbonique). Les travaux actuels ne laissent pas entrevoir d'applications chez l'homme avant 10 à 20 ans.
Côté foie, les informations sont bien plus optimistes. Il est actuellement possible d'enlever les cellules de cet organe tout en conservant son réseau vasculaire et sa matrice, donc sa structure. "L'ensemencement de cellules permet d'obtenir en quelques semaines un organe fonctionnel et transplantable chez le petit animal", expliquent le Pr Dominique Franco et Karim Si-Tayeb, de l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart. "À côté des formidables possibilités d'investigation qu'offrent de tels modèles, la construction de foies chez l'homme pourrait permettre de remplacer la greffe de foie conventionnelle pour de nombreuses maladies hépatiques." Et cette solution semble à portée de main.
Le rein, en revanche, est l'un des organes les plus difficiles à reconstruire à cause de la complexité de sa structure et de l'hétérogénéité des cellules qui le constituent. Néanmoins, le Pr Jean-Michel Dubernard, chef du service d'urologie et chirurgie de la transplantation de l'hôpital Édouard-Herriot du CHU de Lyon, estime que les travaux actuels finiront par permettre de "fabriquer" un rein à partir de cellules du malade en vue de la transplantation tout en répondant à la pénurie d'organes et à la toxicité des agents immunosuppresseurs. Mais lui, comme les autres, insiste sur l'importance du don, qui sera encore pendant des années le seul moyen de sauver des vies.
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/a-quand-des-organes-cultives-et-prets-a-greffer-13-10-2011-1384093_57.php

mercredi 26 octobre 2011

Fièvre : une appli pour faire baisser la température

Confronté comme tous les médecins, les services d'urgence et les centres d'appel 15 à un nombre de demandes de conseil ou d'intervention considérables pour la prise en charge de la fièvre, le Dr Marc-Hervé Binet a décidé d'innover. "J'ai été amené à travailler au développement d'Alerte fièvre, une application smartphone qui permet à tout un chacun d'avoir en permanence dans la poche les conseils pratiques, mais aussi les recommandations en matière de prise médicamenteuse ou d'appel au médecin pour gérer la fièvre d'un proche", explique-t-il. Il précise que l'ensemble des protocoles retenus sont basés sur les recommandations de l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) et revus par des experts pédiatres. "Le but est de rendre service aux patients qui pourront avoir des réponses appropriées à leur situation, mais aussi aux médecins afin que les appels qui concernent ce symptôme arrivent uniquement à bon escient."
Chacun son profil

En pratique, il suffit de reporter la température mesurée par un thermomètre médical à l'aide d'un curseur, de créer le profil du patient (sa date de naissance et son poids), pour obtenir trois types de conseils à mettre en pratique immédiatement. Des informations d'ordre général, la recommandation de prendre, ou non, un médicament et celle d'appeler, ou non, un médecin. "L'application mémorise tous les profils de la famille, interprète la nouvelle valeur de température en fonction de l'ensemble des données du profil et recommande les gestes et actions à mener", souligne le Dr Binet. Elle prend en compte les températures déjà enregistrées, les médicaments ingérés et les antécédents particuliers du patient. Elle permet d'établir un historique pour chaque profil enregistré. De plus, elle rappelle les horaires pour la surveillance de la température et les prises médicamenteuses à venir.

Cette application permet donc de visualiser la courbe des températures, la liste des prises médicamenteuses et d'exporter ou d'envoyer ces éléments. "Alerte fièvre vous aidera à trouver un médecin à proximité de l'endroit où vous vous trouvez et pourra lancer l'appel vers ce dernier ou les services d'urgence, mais seulement si la situation le requiert", ajoute Marc-Hervé Binet. Il faut savoir que les demandes de conseils ou de consultation pour le symptôme fièvre représentent actuellement plus de 35 % des appels de la permanence des soins.
Conseils pratiques
Autres services de cette application pour smartphone Android et IPhone : des conseils pratiques (comme celui de boire beaucoup) ainsi que des informations complètes sur les différentes méthodes et les localisations de mesure de la température corporelle, les types de thermomètres présents dans le commerce, leurs avantages, leurs inconvénients et les personnes chez lesquelles ils sont le mieux indiqués. Enfin Alerte fièvre renseigne sur les médicaments à prendre pour combattre l'élévation de température et donne la liste des noms commerciaux du paracétamol dans chaque pays
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/fievre-une-appli-pour-faire-baisser-la-temperature-12-10-2011-1383706_57.php

mardi 25 octobre 2011

Les compléments alimentaires inutiles, voire dangereux

La nouvelle mise en garde contre les compléments alimentaires émane du dernier numéro des Archives of Internal Medecine, une publication de l'Association médicale américaine. C'est, plus exactement, la conclusion d'auteurs américains et finlandais qui ont réalisé une étude à partir de données d'une enquête menée dans l'Iowa aux États-Unis. Elle comprenait des questionnaires remplis par 38 772 femmes d'un âge moyen de 62 ans qui faisaient état de leur consommation de compléments alimentaires en 1986, 1997 et 2004.

Selon ces chercheurs, ces compléments sont inutiles pour une majorité de personnes et certains d'entre eux peuvent même entraîner des risques mortels chez les femmes âgées. "Nous avons découvert que plusieurs compléments vitaminés ou minéraux fréquemment utilisés, comme les produits multivitaminés, les vitamines B6, l'acide folique, le fer, le magnésium, le zinc et le cuivre, sont liés à des risques plus élevés de mortalité", écrivent-ils.

Le rôle néfaste du fer est particulièrement souligné dans ce travail. Il serait "fortement" lié à l'augmentation de la mortalité, en fonction des doses absorbées. Certes, les auteurs admettent qu'ils n'étaient pas en mesure de déterminer si les raisons qui ont poussé ces femmes à absorber du fer pouvaient expliquer ce taux de mortalité plus élevé. Ils soulignent donc la nécessité de réaliser de plus amples études. La consommation de calcium, en revanche, semble plutôt liée à une baisse de la mortalité.

La mise en garde des médecins

Ces découvertes "renforcent notre conviction que certains compléments antioxydants, comme la vitamine E, la vitamine A ou le bêta-carotène, peuvent être dangereux", notent des médecins dans un commentaire accompagnant l'étude. "Le paradigme "plus, c'est mieux" est faux", ajoutent-ils, soulignant qu'ils ne recommandent pas la consommation préventive de tels compléments, "en tout cas dans une population bien nourrie".

Ces conclusions vont dans le même sens que celles de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). Dans un avis émis l'an dernier, elle constatait une augmentation de la consommation de compléments alimentaires dans la population française et des aliments enrichis dans l'offre alimentaire. Or, "les déficits et, a fortiori, les carences en nutriments sont très rares en population générale et concernent majoritairement des groupes particuliers de population (femmes enceintes, personnes âgées en institution, populations en situation de grande précarité, par exemple)." Dans ces groupes spécifiques, si des apports supplémentaires sont nécessaires, c'est au médecin de les prescrire.

L'Anses rappelait qu'une alimentation équilibrée suffit à apporter tous les nutriments nécessaires à la santé et soulignait l'absence de bénéfice démontré à consommer des compléments alimentaires, "alors même que l'on manque d'études qui permettraient, lors de prises régulières et prolongées, de montrer leur innocuité et que des signalements d'effets indésirables susceptibles d'être liés à leur consommation ont été rapportés". Elle mettait particulièrement en garde contre certains compléments alimentaires contenant des vitamines et des minéraux, en raison d'un risque de dépassement des limites de sécurité en cas de consommation excessive. La conclusion est donc la même des deux côtés de l'Atlantique
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/les-complements-alimentaires-inutiles-voire-dangereux-11-10-2011-1383169_57.php

lundi 24 octobre 2011

Sida : du virus dans les larmes malgré le traitement

Même quand le virus du sida n'est plus détectable dans le sang des malades recevant une thérapie antirétrovirale, il peut encore être retrouvé dans leurs larmes, selon une étude publiée dans le dernier numéro du Journal of Aids. Ce qui prouve que les traitements n'ont toujours pas la capacité d'aller détruire ce virus partout dans l'organisme.
La présence du VIH dans différents compartiments de l'oeil a été signalée dès les années 1980. Des chercheurs en avaient isolé dans la cornée, l'humeur aqueuse, la conjonctive, l'endothélium vasculaire rétinal, ainsi que dans les larmes et même dans les lentilles de contact de malades. Quelques études avaient même démontré la présence d'une charge virale en VIH plus importante dans le liquide intraoculaire que dans le plasma chez des malades en début de traitement antirétroviral.
Depuis, les thérapies ont progressé... mais cela n'a pas suffi, apparemment. C'est en tout cas ce qu'indiquent les conclusions du travail mené par Yang Han du département de pathologies infectieuses du Peking Union Medical College Hospital en Chine et ses collègues. Ils ont réalisé une étude sur 21 patients infectés par le virus du sida - seize traités depuis longtemps avec une thérapie antirétrovirale active et n'ayant plus de virus détectable dans le sang depuis au moins trois mois, deux patients n'ayant jamais reçu de traitement contre le VIH, trois participants avec une infection virale résistante aux médicaments - et cinq volontaires sains.
Des échantillons de larmes ont été recueillis directement à partir de leurs yeux, placés dans des tubes stériles et analysés. C'est ainsi que les chercheurs ont pu mettre en évidence la présence de virus dans les larmes de toutes les personnes infectées. Selon eux, la quantité de virus présents dans les échantillons de larmes n'était pas influencée par l'âge des patients, leur sexe, le taux de virus détecté dans leur sang avant le début du traitement, le stade d'évolution de leur maladie, ni le temps depuis lequel ils recevaient des médicaments antirétroviraux.
Cette publication n'émeut guère le Pr Gilles Pialoux, spécialiste du sida à l'hôpital Tenon de Paris, joint par téléphone alors qu'il participait à une réunion en province. "L'étude ne porte que sur 16 patients, relativise-t-il, et je ne connais pas le détail des médicaments utilisés. Il faut savoir qu'il existe des réservoirs et des sanctuaires pour le virus du sida. Dans les premiers, non seulement le VIH est à l'abri mais en plus il peut se multiplier ; c'est notamment le cas des ganglions. Dans les seconds, il est "seulement" hors de portée de la plupart des médicaments. C'est le cas des sécrétions vaginales. Les médicaments modernes vont de plus en plus dans les sanctuaires. En revanche, ils ne pénètrent pas dans les ganglions. C'est pourquoi il n'est pas possible d'interrompre les traitements."
Quant aux mises en garde des spécialistes chinois concernant les précautions que doivent prendre les médecins lors des examens oculaires, "bien que l'infectiosité du VIH sous antirétroviraux soit peu connue", elles semblent logiques. En revanche, pour Gilles Pialoux, le fantasme de la contamination par les larmes est clos depuis longtemps. Mais" il serait intéressant de savoir si les glandes lacrymales sont des réservoirs ou des sanctuaires". Et ça, l'étude ne le dit pas.
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/sida-du-virus-dans-les-larmes-malgre-le-traitement-11-10-2011-1383060_57.php

dimanche 23 octobre 2011

Le chocolat, bon pour le coeur des femmes

Céder à la tentation d'une barre de chocolat n'est peut-être pas une mauvaise chose, surtout si c'est du chocolat noir. Selon une étude suédoise publiée dans le Journal of American College of Cardiology et menée auprès de plus de 33 000 femmes, plus une femme dit manger de chocolat, moins le risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) est élevé. Ces résultats s'ajoutent à de précédentes études liant la consommation de cacao à la santé du coeur, mais ils ne sont pas une excuse pour se gaver de chocolat.
"Étant donné que l'étude se fonde sur des observations, ses conclusions ne prouvent pas que c'est le chocolat qui diminue le risque d'AVC", souligne Susanna Larsson, du Karolinska Institutet de Stockholm. Si elle pense effectivement que le chocolat est bon pour la santé, elle met en garde contre une consommation excessive. "Le chocolat doit être consommé avec modération, car il contient beaucoup de calories, de graisses et de sucre. Comme le chocolat noir contient plus de cacao et moins de sucre que le chocolat au lait, la consommation de chocolat noir serait meilleure pour la santé."
Les flavonoïdes font baisser la tension artérielle
Susanna Larsson et ses collègues ont exploité les données recueillies lors d'une étude sur la mammographie et pour laquelle les femmes indiquaient leur consommation de chocolat en 1997. Ces femmes étaient âgées de 49 à 83 ans. Lors de la décennie suivante, il y a eu 1 549 AVC dans le groupe. Plus les femmes mangeaient de chocolat, moins le risque était élevé. Les scientifiques supposent que les substances connues sous le nom de flavonoïdes pourraient être à l'origine de l'effet apparent du chocolat sur la santé. Selon Susanna Larsson, les flavonoïdes ont montré qu'ils faisaient baisser la pression artérielle, un facteur de risque pour les AVC, et amélioraient d'autres facteurs sanguins liés à la santé cardiaque.
http://www.lepoint.fr/sante/le-chocolat-bon-pour-le-coeur-des-femmes-11-10-2011-1383166_40.php

samedi 22 octobre 2011

Personnes âgées : une campagne contre les chutes

Tomber, ça n'arrive pas qu'aux autres. Et ça peut mal se finir. C'est en substance le message qui va être délivré à partir de lundi, à l'occasion de la première Semaine nationale de prévention des chutes au domicile des seniors. Durant six jours, le Syndicat national des prestataires de santé à domicile (Synalam) et l'Association nationale française des ergothérapeutes (Anfe) vont donc diffuser de l'information et des conseils techniques. Et rappeler que les chutes des personnes âgées sont responsables de plus de 134 000 incapacités en France. Dans 30 à 50 % des cas, elles ont lieu au domicile, d'où la nécessité de sensibiliser la population à ce problème.
Selon une enquête réalisée par téléphone en France métropolitaine auprès de 300 personnes de 70 ans et plus par OpinionWay, une personne sur trois a déjà été concernée (directement ou indirectement) par une chute, mais pour 67 % des seniors le risque de décès n'est pas pris en compte. Parmi les pièces les plus dangereuses, les individus sondés citent les escaliers (44 % de ceux vivant dans une maison individuelle, 27 % résidant en appartement) et la salle de bains (30 % des personnes en appartement contre 15 % dans une maison individuelle). Et pourtant, 76 % des seniors interrogés n'ont pas l'intention d'adapter leur logement. Mais ils modifient parfois leurs habitudes de vie.
"Pour ne pas risquer de tomber dans les escaliers, les personnes vont progressivement limiter leur périmètre de déplacement", explique Élisabeth Hercberg, ergothérapeute, chargée de mission Anfe. Quitte à ne plus vivre que sur un étage. Dans la salle de bains, c'est encore plus net. "La crainte de chuter peut amener quelqu'un à limiter sa toilette", continue la spécialiste. "À ces deux pièces, j'ajouterais les toilettes, qu'il est important d'équiper d'une cuvette rehaussée et de barres d'appui. Les personnes âgées se lèvent davantage la nuit et peuvent avoir besoin de ces aides." Quant aux tapis mal fixés, ils devraient disparaître...
"Proposer des solutions d'aménagement"
Il est évident que les solutions doivent être adaptées aux besoins de chacun. Supprimer une baignoire, par exemple, n'est justifié que si elle est remplacée par une douche sécurisée. "Une des missions des prestataires de santé à domicile réside précisément dans le fait de proposer des solutions d'aménagement de chaque logement et nous voulons, par cette campagne, remobiliser l'ensemble des acteurs, grand public, politiques et intervenants de santé sur cette question", explique Olivier Lebouché, président du Synalam. Le but est aussi de faire connaître à la population concernée l'existence de nombreux dispositifs particulièrement utiles comme un siège de baignoire pivotant ou des tabourets antidérapants.
Reste le problème du financement de ces aménagements. Une loi adoptée en 2005 a prévu un crédit d'impôt de 5 000 euros par personne pour compenser jusqu'à 25 % des coûts d'équipement pour l'autonomie de vie des personnes âgées dans l'habitat. À l'usage, ce dispositif semble profiter essentiellement aux foyers les plus aisés. Dans un souci d'efficacité et de justice sociale, Muriel Boulmier, auteure de deux rapports de mission ministérielle, et Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais, proposent d'aménager le dispositif fiscal existant pour étendre le bénéfice du crédit d'impôt aux membres de la famille proche qui participeraient au financement, sans que les finances publiques aient à payer davantage. De toute façon, il coûte toujours moins cher de prévenir les chutes que de traiter leurs conséquences.
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/personnes-agees-une-campagne-contre-les-chutes-07-10-2011-1381971_57.php

vendredi 21 octobre 2011

Malaise vagal : les bons gestes

Tomber dans les pommes » peut arriver à toute personne en bonne santé. L’allonger et lui surélever les jambes suffisent en général à lui faire reprendre ses esprits
Au cœur du malaise vagal, il y a – ça ne s’invente pas – le nerf vague. Son rôle : ralentir le rythme cardiaque. Les choses se gâtent en cas de suractivité de ce nerf.Il se produit alors un ralentissement du cœur, une dilation des vaisseaux et une baisse de la tension. Le cerveau est moins irrigué, la personne perd connaissance. « C’est ce qu’on appelle communément tomber dans les pommes. On est en sueur, tout pâle. Cela peut entraîner une chute au cours de laquelleon peut se blesser », résume le Dr Bernard Destailleurs, chef du service des urgences à l’hôpital intercommunal de Fréjus Saint-Raphaël.
Des causes multiples
Les « événements » capables de provoquer un malaise vagal sont multiples. Une douleur par exemple. C’est la raison pour laquelle les dentistes allongent leurs patients et que les praticiens prennent des précautions pour prévenir la douleur avant une intervention : un masque avec un produit antalgique pour les enfants, une pommade antalgique pour les adultes.
Une grande émotion peut aussi être à l’origine de ces malaises, tout comme une prise de sang, voire la simple vue du sang. C’est ainsi que les pères dans la salle d’accouchement ou la mère qui tient la main de son petit qui se fait suturer peuvent « tourner de l’œil ». « On peut être en bonne santé et avoir un malaise vagal, insiste le Dr Destailleurs.
Certaines personnes seraient néanmoins plus vulnérables, notamment des malades cardiaques traités par des médicaments qui ralentissent le cœur. « D’autres ne connaîtront jamais ce type d’épisode.Cela dépend du système végétatif personnel. »
Que faire si l’on assiste un tel malaise? D’abord s’assurer que cela en est bien un. « Il faut bien faire la différence avec la syncope, plus longue et d’origine cardiaque.Si le pouls n’est pas perceptible, il faut appeler très vite les secours et mettre en œuvre un massage cardiaque. » En cas de malaise vagal, « il faut allonger la personne et lui relever les jambes de 30 à 40 cm pour réorienter le sang vers le cerveau.Surtout ne pas laisser la personne debout ou assise, car cela entretient voire aggrave le malaise. Laisser la personne ainsi allongée cinq à dix minutes et la laisser se relever très doucement. Attention, si la victime est enceinte, il faut l’allonger sur le côté et non sur le dos. »
A priori banal, le malaise vagal, s’il survient fréquemment, doit être pris au sérieux : « sa répétition nécessite un examen par un cardiologue et une surveillance tensionnelle », préconise le patron des urgences du CHI est-varois. Il plaide pour une formation dès l’école aux gestes de premiers secours.

http://www.nicematin.com/article/papier/malaise-vagal-les-bons-gestes

jeudi 20 octobre 2011

Parkinson : le livre d'un Angevin qui accuse les laboratoires

L'avocat angevin Antoine Béguin publie un livre-enquête sur les « agonistes dopaminergiques ». « Ces médicaments, une dizaine au total, peuvent provoquer une hypersexualité, une addiction aux jeux, des boulimies, des achats compulsifs chez certains malades, à une certaine dose», accuse-t-il dans un livre -enquête qui sort lundi.
10 000 Parkinsoniens pourraient être atteints
Des malades ont ruiné leur foyer ou ont été victimes de déviances sexuelles, comme le Nantais Didier Jambart, qui a remporté son procès contre le laboratoire GSK, en avril dernier.
D'autres se sont suicidés.
En France, il pourrait y avoir 10 000 Parkinsoniens atteints par ces effets indésirables.
Une nouvelle affaire Médiator ?
Comme pour le Médiator, le livre d'Antoine Béguin apporte la preuve que le laboratoire GSK, par exemple, avait connaissance de ces effets indésirables dès les essais cliniques. « Seulement, ceux-ci n'ont été mentionnés sur les notices qu'à partir de 2006 », accuse-t-il dans Ouest-France de samedi.
Sexe et addictions sur ordonnance, Antoine Béguin, L'Apart éditions, 200 pages, 16 €. L'éditeur sera présent, ce week-end, au salon du livre du Mans.

mercredi 19 octobre 2011

Une journée pour "prendre conscience" de la dépression

La dépression est un véritable problème de santé publique qui peut, au pire, mener au suicide. L'an dernier, elle a été responsable de la perte de près de 13 000 vies en France. Ce chiffre est rappelé par l'association France-Dépression et ses partenaires, qui organisent demain, mercredi 19 octobre, la 8e Journée européenne de la dépression. Ce rendez-vous annuel réalisé avec le soutien du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé est placé cette fois sous le thème européen "vaincre la dépression" et, en France, la "prise de conscience" sous toutes ses formes.

Les Cliniques psychiatriques de France profitent de cette journée pour alerter les pouvoirs publics sur la nécessité d'améliorer le dépistage de cette pathologie et de repenser les moyens alloués aux programmes de santé. Dans un communiqué, elles rappellent que la dépression sévère concerne entre 5 et 8 % des Français chaque année. Et qu'elle serait souvent mal diagnostiquée et trop peu prise en charge : la moitié des patients, en effet, n'a pas accès à des soins simples et abordables. "Or, c'est une maladie grave nécessitant traitement et suivi psychiatrique adaptés et mieux coordonnés", précise le docteur Olivier Drevon, président de l'Union nationale des Cliniques psychiatriques. "Il faut en effet savoir que 60 % des suicidants ont consulté un médecin généraliste dans le mois précédant une tentative de suicide." Ces derniers apprécieront ...

Les propos du docteur Alain Meunier (psychiatre qui a cofondé SOS Dépression) et Boris Guimpel (psychologue) sont nettement plus consensuels, mais ils concernent aussi des personnes moins gravement atteintes. D'ailleurs, le titre de leur prochain livre est significatif : "Être mieux quand ça va mal - Comment retrouver le moral sans antidépresseurs". Il sera mis en vente dans une semaine, mais les éditions Michel Lafon ont tenu à l'annoncer en cette veille de journée européenne. Comme tous les organisateurs de cette manifestation, ils estiment nécessaire de promouvoir la santé mentale et de lutter contre la stigmatisation et l'incompréhension. Mais ils mettent surtout en garde contre la prescription systématique d'antidépresseurs, souvent inadaptés. Des médicaments dont les Français sont les plus grands consommateurs au monde et qui peuvent même, selon eux, "empêcher toute guérison".

Alain Meunier et Boris Guimpel s'intéressent plutôt aux progrès apportés par les nouveaux procédés de neuro-imagerie. "Nos sentiments, nos comportements, nos souffrances se traduisent par des transformations visibles et lisibles dans la durée", écrivent-ils. "Nous pouvons aujourd'hui comparer le "normal" au "pathologique", la souffrance psychologique à la dépression." Ces découvertes ont abouti à une nouvelle définition de la dépression : c'est, selon eux, une perturbation de la communication entre les structures affectives et cognitives du cerveau, entre des territoires activés ou désactivés ; à terme, le dépressif n'est plus capable de se désengager de sa tristesse, de sa souffrance. De nouveaux traitements découlent de ces connaissances récentes. C'est le cas de la stimulation magnétique, qui influe sur le fonctionnement cérébral sans l'altérer, contrairement aux antidépresseurs. Qui plus est, cette nouvelle forme de prise en charge - associée aux thérapies comportementales et cognitives, voire à la psychanalyse - humanise les relations médecin-malade, ces derniers n'étant plus dans l'attente passive des effets tardifs des médicaments.
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/une-journee-pour-prendre-conscience-de-la-depression-18-10-2011-1386158_57.php