lundi 18 août 2014

Accidentés de la mer : leur sauvetage passe par Purpan

Service rendu à tous les bateaux battant pavillons français sur l'ensemble des mers du globe, le «Samu marin» gère les appels du monde entier depuis son centre de Purpan. Une originalité française dans l'offre de santé. Présentation.
Le discours est concis, les recommandations, voire prescriptions, très précises. Depuis quelques minutes, la connection est établie entre le Dr Girardi et le capitaine d'un navire voguant dans les eaux lointaines de l'Océan Indien. Photos à l'écran, le médecin tente d'appréhender l'énorme traumatisme facial dont vient d'être victime un membre d'équipage, la joue et l'œil ravagés. Après un diagnostic plus que crédible, il dicte la marche à suivre au capitaine, formé au préalable aux premiers soins, pour que celui-ci puisse intervenir directement auprès du souffrant. «Car aucune évacuation par hélicoptère n'est possible vue la distance (500 km au large des Seychelles) et que la situation est en effet urgente, confirme le Dr Pujos. On a donné l'ordre au capitaine de rejoindre au plus vite les côtes, qui ne sont pas à moins d'un jour et demi de navigation !»
Le Dr Michel Pujos est le directeur-coordonateur du Centre de consultation médicale maritime (CCMM), une unité bien particulière rattachée au SAMU 31, dont la plate-forme ultra-moderne se situe à l'intérieur de l'hôpital Purpan. C'est ici que sont régulés les appels provenant des mers du monde entier. Le CCMM y assure quotidiennement, 365 jours par an, le service de consultations et d'assistance télé-médicales pour les navires battant pavillons français. Un travail qui s'effectue le plus souvent via satellite, avec transmission d'images, d'électrocardiogrammes, et même par vidéos de plus en plus fréquemment.
«Depuis le début du mois d'août, nous suivons environ une trentaine de patients», confie le Dr Pujos. L'an passé, le CCMM avait reçu jusqu'à 3 500 appels, traitant le cas de 2000 marins en état de souffrance. Traumatisme crânien, luxation d'épaule, jambe sectionnée, mais aussi fièvres inexpliquées, jusqu'à la perte de connaissance : les praticiens du CCMM sont sans arrêt sur le qui-vive. «Tous participent à la formation des capitaines au sein des centres de formation maritimes, ces derniers étant pourvus d'une formation en secourisme, soins infirmiers et petite formation médicale», précise le Dr Pujos, qui vante les mérites du CCMM, «véritable ouverture vers un monde externe souvent lointain».

http://www.ladepeche.fr/article/2014/08/18/1935584-accidentes-de-la-mer-leur-sauvetage-passe-par-purpan.html

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